Réseau caribéen pour le developpement de systèmes horticoles agroécologiques
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Quels processus écologiques mobiliser pour réguler les bioagresseurs et réduire les pesticides ?

Intervenant :
Alain Ratnadass

Auteurs :
Alain Ratnadass

Divers :

Résumé :

Toutes les voies vers l’agriculture durable s’accordent sur la nécessité de trouver des alternatives à l’utilisation de pesticides de synthèse pour réguler les bioagresseurs dans les agroécosystèmes.

L’agriculture biologique refuse totalement l’utilisation de tels intrants, en les substituant par des produits d’origine naturelle. La gestion intégrée des bio-agresseurs (IPM) consiste en un continuum recouvrant aussi une telle substitution, mais partant de la simple réduction de l’utilisation de pesticides de synthèse en augmentant leur efficacité via notamment une application ciblée dans le temps et l’espace, et pouvant aller jusqu’à la re-conception de systèmes de culture sans pesticides. Le curseur de l’agroécologie et de l’intensification écologique se situe résolument sur la re-conception, via le remplacement des pesticides par des processus écologiques de régulation des bio-agresseurs, sans toutefois exclure le recours ciblé à de tels intrants, visant plutôt le « zéro-pesticides » dans les produits et dans l’environnement que dans le processus de production. L’un des piliers de ces deux dernières approches est le maintien ou l’augmentation de la biodiversité végétale spécifique dans les agroécosystèmes, celle-ci résultant en une régulation des bioagresseurs accrue par rapport aux systèmes mono-spécifiques.

Ces approches s’appliquent autant aux agroécosystèmes horticoles tropicaux intensifs (DOM insulaires, Agricultures péri-urbaines) où la priorité est de réduire l’utilisation de pesticides, qu’aux agricultures de subsistance, où la priorité est à l’augmentation de la production. L’utilisation de barrières physico- chimiques anti-insectes est un moyen de cibler l’utilisation de pesticides. Un autre moyen de réduire/cibler cette utilisation consiste à combiner les pesticides avec des attractifs alimentaires. Cette approche d’augmentation d’efficacité peut être doublée d’une approche de substitution (huiles essentielles sur filets ; insecticide biologique dans le GF-120). Les voies de re-conception des systèmes de culture horticoles à partir de l’augmentation de la biodiversité végétale font appel à des processus de régulation des bioagresseurs « bottom-up » autant que « top-down », via notamment des systèmes de type « push-pull », ou l’optimisation de réseaux trophiques. Des exemples d’application de ces principes en systèmes de culture horticoles tropicaux africains sont donnés.


Vidéo :
Deva-0512-8

 

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