Réseau caribéen pour le developpement de systèmes horticoles agroécologiques
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Cartographie des virus de l'igname en Haïti : risques pour la production et recommandations

Intervenant :
Denis Filloux

Auteurs :
Denis Filloux, Serge Galzi, Ricot Scutt , Emmanuel Prophète et Philippe Roumagnac

Mots Clés :
Ignames, Haïti, virus, détection virale, caractérisation moléculaire, sélection sanitaire

Divers :

Résumé :

Plusieurs espèces virales sont connues pour infecter les ignames (Dioscorea spp.) et pour générer d’importantes pertes de rendement sur cette culture vivrière à multiplication végétative.
Dans le cadre du réseau du projet DEVAG (Réseau caribéen pour le développement de systèmes horticoles agroécologiques) financé par le programme caribéen INTERREG IV, l’inventaire, la caractérisation et l’estimation de la prévalence des virus infectant les ignames à Haïti ont été entrepris pour estimer leur impact sur la culture et pour proposer des méthodes de contrôle appropriées.
Pour cela, approximativement quatre cent échantillons appartenant à cinq espèces d’ignames cultivées à Haïti (D. alata, D. bulbifera, D. cayenensis, D. rotundata et D. trifida) ont été collectés en 2009, dans des parcelles paysannes dans les cinq principales régions de culture de l’igname. La détection des virus a été faite à l’aide de tests PCR et RT-PCR à large spectre ciblant les badnavirus, le CMV (genus Cucumovirus), les potexvirus et les potyvirus. Le genre Badnavirus représente le type viral le plus prévalent avec 82 % des échantillons infectés. La diversité génétique de ces badnavirus est élevée (50-97 %) et six des treize espèces de badnavirus d’igname identifiées par Kenyon et al. (2008) ont été trouvées. Onze échantillons testés se sont avérés infectés par des virus à ARN, en particulier par YMMV, mais aussi par un nouveau potexvirus et un nouveau potyvirus qui ont été partiellement caractérisés.

L’absence apparente de YMV à Haïti et la diversité génétique relativement étroite et spécifique de YMMV, suggère l’absence de flux entrant important de matériel végétal infecté ou d’insecte vecteur de virus. La pression des virus à ARN, en particulier potexvirus et potyvirus, apparait extrêmement faible pour les variétés les plus communes, mais forte pour les cultivars les plus rares suggérant qu’une dramatique érosion génétique variétale est en cours.

Le contrôle des risques sanitaires et la sécurisation de la production d’igname passe notamment par la mise en œuvre d’une veille sanitaire et la mise à l’écart des plants malades, par un contrôle phytosanitaire strict à l’importation de matériel végétal, par la mise en place d’une filière de semences indemnes de parasites, notamment de virus et par l’introduction de nouveaux cultivars certifiés sains.


Vidéo :
Deva-0512-4

 

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